L'essaimage

Dans cette partie nous allons découvrir et comprendre ce qu'est l'essaimage chez les abeilles un activité printanière  qui permet aux abeilles de se développer et se répandre.

Tout commence au début du printemps avec la reprise de la ponte de la reine après l'hivernage

Lorsque la ponte de reine couvre des cadres de couvain le nombre d'abeilles qui naissent font augmenter la colonie avec une forte densité. On dit alors que la ruche est très populeuse. Les cadres sont couverts d'abeilles.

Les ouvrières ressentent la saturation et commencent la construction de cellules royales (CR) en vue  d'un probable essaimage pour libérer la colonie et gagner de l'espace. La reine en place détecte les CR et sait qu'elle va se retrouver en concurrence avec de jeunes reines émergentes et qu'elle risque de ne pas survivre au combat. Elle part alors 10 jours environ avant la sortie de la nouvelle et jeune reine avec une cour qui peut être composée d'un millier d'abeilles,  c'est l'essaimage.

Souvent l'essaim qui quitte la ruche va se fixer à proximité le temps que des "éclaireuses" parcours l'environnement du rucher pour trouver un nouvel endroit pour abriter l'essaim. ( Troncs d'arbres creux, cavité dans une paroi rocheuses,  dans un mur sous un toit, dans une cheminée  et parfois dans une ruchette piège si elle en détecte  la présence et si celle-ci est placée sur une trajectoire "d'essaimage". Les essaims suivent les lignes magnétiques terrestres et les parcours sont parfois identiques essaimage après essaimage.

La phase critique de l'essaimage est  fin avril mai pour les raisons suivantes :

la première ponte de la reine hivernée  qui intervient selon les régions et les conditions climatiques ( Température >13°, début des floraisons) fin février début mars  donne une première génération qui va se substituer aux abeilles mortes de l'hivernage et à la fin des abeilles diutinus 21 jours après la reprise de la ponte. Puis cette première génération de la nouvelle année va être suivie 21 jours ensuite par la seconde  phase d'éclosion des nymphes. A partir de la 4ème génération soit environ 90 jours (3 mois) après le début de la reprise de la  ponte la ruche devient très populeuse  ( 1er mars + 90 jours  =  fin mai début juin ). Si la première hausse n'est pas posée pour décompresser la colonie en lui offrant de l'espace à occuper, le risque d'essaimage va augmenter très rapidement. Les premières cellules royales vont apparaitre, la phase d'essaimage est alors enclenchée si aucune action de l'apiculteur ne vient l'arrêter. ( Pose de la 1ère hausse, division de l'essaim pour créer une nouvelle colonie dans une nouvelle ruche, on parle alors d'essaim artificiel.)

Si une miellée se profile  et sans hausse pour absorber la rentrée  et l'apport  important des ressources par les butineuses,  les cadres du corps de la ruche se remplissent  rapidement  de pollen, nectar et pain d'abeilles limitant le nombre de cellules libres à la ponte pour la reine cela provoque aussi une condition favorable pour l'essaimage; 

Enfin il ya des critères  génétiques chez certaines lignées d'abeilles qui prédisposent ces abeilles à  essaimer. C'est pourquoi les sélections génétiques et les créations de reines par élevage et par croisement sélectif cherchent à limiter sans pouvoir l'éradiquer complètement cette aptitude à essaimer.

Selon les conditions de ressources la période d'essaimage peut se poursuivre tout au long de l'été jusqu'à fin août.

Les conséquence de l'essaimage pour la colonie.

 

Le départ massif d'abeilles avec la "vieille" reine peut représenter la moitié de la colonie. Cela représente une grande perte de butineuses avec pour conséquence une moindre rentrée alors de nectar et pollen. la production de miel va alors s'en ressentir fortement.

L'essaimage peut aussi fortement affaiblir la colonie qui sera moins bien "armée" pour faire face aux parasites ( varroas) et au prédateurs ( Frelons asiatiques). Un essaimage trop important peut entamer la survie de la colonie "mère" ne lui donnant pas la capacité de faire de fortes réserves de miel . La rentrée des ressources étant proportionnelle à la quantité de butineuses l'affaiblissement du nombre de celles-ci vont largement impacter le niveau de constitution des réserves de miel pour garantir la survie de la colonie lors du prochain hivernage.

 

La nouvelle reine doit alors effectuer son vol nuptial avec les faux-bourdons comportant un risque de prédation et de disparition au cours de ce vol ( danger des hirondelles par exemples). Une fois fécondée la reprise de la ponte au sein de de la colonie va permettre de remonter les effectifs par tranche de 21 jours et si l'essaimage à lieu à la veille d'une forte miellée ( acacia / tilleul / châtaigner) il se peut que le nombre de butineuses ne puisse faire de rentrée de nectar et pollen sur ces miellées. Leur effectif sera reconstitué au moment où, les  fortes miellées passées, il n' y aura plus de ressources disponibles (amoindrissement des offres de pollen et nectar par raréfaction des floraisons en pleine été ( fauchage, sécheresse, ..)

 

Quand l'essaimage se produit les abeilles accompagnant la reine qui s'échappe se gorge de miel ce qui affaiblit les réserves de la ruche.  Leur jabot plein à craquer fait que la glande à venin est comprimée et le dard ne peut sortir, l'abeille en essaimage ne pique donc pas on peut en principe brasser les grappes de l'essaim à mains nues sans danger  mais il est recommandé de prendre quelques précaution en étant habillé de protection.

Récupération d'essaims en essaimage.

Conseils et précautions

 

L'essaim est donc une façon de reproduction et de développement des abeilles. 

Le bruit de bourdonnement d'un essaim en vagabondage et suffisamment fort pour attirer l'attention des personnes à proximité ainsi que la vue du nuage d'abeilles volant autour de la position sur laquelle l'essaim s'est fixé.

Souvent les apiculteurs sont avertis par le public témoin d'un essaim qui s'est fixé dans leur proximité, surtout pour qu'ils puissent venir le capturer et éloigner ce qui leut paraît être un danger pour lui.

 

S'il y a un intérêt de récolter alors ainsi un essaim qui est alors "gratuit" ce n''est pas forcément sans conséquence pour son rucher.

 

l'apiculteur capturant un essaim n'a donc aucune traçabilité sur le ces caractères des abeilles  composant cet essaim ni n'a de connaissance sur son état sanitaire. Les abeilles sont elles saines? Porteuse d'aucune maladie ou virus ? Est-ce que ce sont des abeilles "agressives" ?  De quelle race / espèces il s'agit . ( Abeille Noire, Bukcfast, Carnolienne, Ligurienne etc..  Ont-elles  une prédisposition de facilité justement à l'essaimage  ? Sont elles porteuses de varroas phorétiques ?

Toutes ces questions doivent être posées pour  une appréhension rigoureuse de ce nouvel essaim afin de ne pas introduire au sein de son rucher une nouvelle colonie qui serait porteuse de problèmes sanitaires.

 

L'essaim peut rester fixé sur son endroit d'accrochage quelques jours le temps que les ouvrières en recherche ne viennent apporter la bonne nouvelle d'une localisation plus sûre et à l'abri des intempéries. Souvent l'essaim s'évade et se fixe non loin du rucher d'où il est parti. Dans ce cas il est plus facile à récupérer et on peut connaitre donc l'origine et mieux maitriser la lignée de ses abeilles.

 

Pour la capture d'essaim et la façon de procéder en maîtrisant techniques et accessoires selon les point d'accrochage de l'essaim je vous recommande de visiter la page proposée par ECHORUCHES SUD par le lien suivant : Capturer un essaim d'abeilles.  où le sujet est très bien traité, bravos à eux et merci pour cette contribution.

Capturer un essaim d'abeilles

Que ce soit dans un corps de ruche ou une ruchette ou un simple contenant fermé comportant une aération sécurisé son transvasement vers un corps de ruche et donc l'enruchement de l'essaim est une opération délicate à mener avec douceur, pas de mouvements brusques quand on peut éviter de secouer l'essaim pour le faire tomber dans le contenant de recueil c'est  plus approprié. Souvent on peut couper délicatement la branche sur laquelle l'essaim s'est fixé et le poser délicatement dans la ruchette ou le corps de ruche qui aura été préparé en conséquence pour l'accueillir. ( un cadre nourrisseur peut être posé en rive dans cette ruche et ne sera remplis qu'après quelques jours pour stimuler la reprise de ponte de la reine)

L'enruchement à " la traine de mariée". reste un moment magique à observer. On place un tissus/ drap de coton blanc devant la ruche / ruchette qui comprend quelque cadres bâtis et dont les patois ont été badigeonnées avec des  huiles essentielles  ( mélisse, citronnelle, etc..)  l'extrèmité de la traine est fixée sur la planche d'envol de la ruche / ruchette. On dépose délicatement la grappe d'essaim capturé sur le tissus puis on sollicite le mouvement des abeilles vers l'entrée de la ruche. Quand la reine fait son entrée dans la ruche on assiste alors à la formation du cortège de toutes les abeilles qui la suivent et rentrent dans la ruche successivement. Cela peut prendre un peu de temps mais une fois la reine rentrée les phéromones qu'elle dégage  disent aux abeilles "qui m'aime me suive " !

 Il est  précautionneux de mettre la ruche de cette nouvelle colonie un peu à  l'écart dans ou près de son rucher surtout si l'essaim est issu d'une ruche du rucher.; Ensuite cela va permettre une forme de quarantaine de surveillance et d'observations. Un essaim vagabond capturé et  enruché peut repartir deux ou trois jours après...!!

Quelque jours après l'enruchement de l'essaim , même si la reine s'est remis à pondre sur les cadres bâtis qui lui sont proposés dans cette nouvelle ruche il n' y a pas de  couvain encore operculé.

Si les abeilles sont porteuses de varroas phorétiques il est vital de profiter de ce moment sans couvain operculé pour appliquer un traitement à l'acide oxalique /,ou Varromed  Puis de faire dans les 24/48 heures qui suivent ce traitement un comptage des varroas morts tombés sur le lange ou la chaussure si on est en RBC puis refaire un comptage au bol tamis (avec sucre glace ou CO²) pour connaître l'état sanitaire de cette nouvelle colonie.

On sera attentif aux comportements de ces abeilles  dans les jours suivant pour détecter toute expression virale possible ( ECBV, QCBV, ..) abeilles  aux ailes déformées, abeilles tremblantes, rampantes, mortalités significatives au pied de la ruche etc pour agir en conséquence si c'est possible.

Capturer un essaim pour l'apiculteur c'est une chance mais aussi potentiellement un cheval de Troie dans son rucher et il faut rester vigilant. !

 

Les cas compliqués.

L'essaim accroché à une petite branche à portée de bras, si sa capture est facile  ce n'est pas forcément toutes les situations des essaims "sauvages".  

Parfois la capture devient très compliquée et il faut surtout penser sécurité avant d'entre prendre une capture d'essaim difficile d'accès.

Sécuriser l'accès prendre , soin de ses ancrages si échelles,   toujours agir en veillant à l'environnement immédiat de l'essaim, éloigner tout public, choisir un moment calme sans trop de perturbations extérieures pouvant provoquer un stress dommageable à la récupération de l'essaim.

Les essaims sous tuiles de toit, sur ou dans cheminée, sur faitage ou  volige de pointe de pignon ,  cavité en clocher nécessite de prendre aucun risque et s'il peut devenir inopportun pour la sécurité du voisinage il sera peut être nécessaire de faire appel à des spécialistes équipés de nacelles par exemple ou des cordistes. 0 défaut si aucun danger et de mise en danger d'autrui n'est caractérisé il vaut mieux l'aisser cet essaim à son destin.

Parfois l'essaim est fixé depuis plusieurs jours et les abeilles ont commencé à bâtir des rayons de cire qui selon le stade de développement peuvent commencer à être pondu ou rempli partiellement de pollen et nectar. le comportement des abeilles va être différent de l'essaim poire en grappe  pendu à une branche, les abeilles peuvent devenir agressives et sont en capacité de piquer alors.

 

Il faut préparer son matériel, porter ses protections agir avec calme et douceur.

 

Je vous recommande de visionner cette excellente vidéo de Fred Soulat montrant la récupération d'un essaim caché derrière des volets fermés.

  Récupération d'un essaim en "volet"

 

Que se passe-t-il dans la ruche mère désertée par la vieille reine et son essaim ?

 

La première nouvelle reine qui sort de sa cellule royale va parcourir les cadres de la ruche pour s'assurer qu'elle est bien la seule reine et  va détruire les nymphes  non encore écloses dans les autres cellules royales pouvant exister.

Cette nouvelle reine vierge a besoin de s'accoupler avec plusieurs mâles dans un vol Nuptial c'est à dire qu'elle va rejoindre une congrégation, lieu fixe de rendez-vous entre faux bourdons et reines vierges.

L'accouplement est fatale pour le  mâle.

Il peut y avoir un (ou plusieurs) vol  nuptial avant d'être en capacité de débuter la ponte dans la ruche.

L'essaimage se  réalisant de mai à fin juillet un prédateur d'abeilles est souvent présent alors et représente un risque de voir la reine être saisie en vol sur son trajet pour rejoindre la congrégation ou pendant le vol nuptial ou sur le trajet retour et rendre alors la colonie orpheline sans reine. On parle alors de ruche bourdonneuse. Ce prédateur est l'hirondelle ou des rouges queues, oiseaux chassant en plein vol les insectes dont les abeilles.

Pour remplir sa spermathèque la jeune reine peut s'accoupler  avec jusqu'à 14 faux-bourdons.

On peut limiter le risque de perdre ainsi la nouvelle reine en l'éliminant et en faisant l'introduction d'une nouvelle reine fécondée, reine que l'on pu élever soit même ou que l'on a commandé auprès d'un éleveur  et producteur de reines. L'avantage c'est que la reine est marquée de la couleur de l'année en cours et sera plus facile à détecter par la suite et l'on gagne un peu de temps pour voir la ponte reprendre et du couvain se former. Certes cela à un coût.