Varroa destructor : Comprendre l'ennemi

Bienvenue dans cette section dédiée à *Varroa destructor*, un parasite redoutable pour les colonies d'abeilles. Découvrez son cycle de vie, les dommages qu'il cause et les stratégies de lutte disponibles. Notre objectif est de vous fournir les connaissances nécessaires pour protéger vos ruches.

Identifier et comprendre

La femelle du varroa, de la famille des varroidae, est parfaitement visible à l’œil nu. Elle présente une forme elliptique plus large que longue. Ses mensurations varient entre 1,5 à 1,8 mm de long et entre 1 à 1,2 mm de large. Accrochée à une abeille adulte, elle se démarque très bien avec sa cuticule de couleur brun foncé.

Le mâle quant à lui présente une couleur jaunâtre avec une forme assez arrondie. Il est plus difficile à repérer, car son diamètre varie entre 0,8 et 0,9 mm. Pour le trouver, il faudra regarder minutieusement les cellules du couvain de l’abeille dans lesquelles il vit exclusivement.

Impact sur les colonies

Découvrez les conséquences dévastatrices de *Varroa destructor* sur les colonies d'abeilles. Ce parasite peut entraîner une diminution de la production de miel, un affaiblissement des abeilles et une augmentation de la sensibilité aux virus. Comprendre cet impact est essentiel pour mettre en place des mesures de prévention et de contrôle.

 

Le varroa se répand d'une colonie à l'autre par les contacts entre les abeilles suite à des actions de butinage (plusieurs abeilles de différentes ruches sur une même tête de tournesol par exemple), via les dérives (abeilles ne rentrant pas dans la bonne ruche), par les  pillages d'opportunité, par des échanges de cadres mal maitrisés.

 

Il doit être veillé à appliquer les mesures de lutte contre le varroa Destructor  sur l'ensemble des colonie d'un rucher afin de ne pas faciliter son expansion.

Stratégies de lutte

Explorez les différentes méthodes de lutte contre *Varroa destructor*, allant des traitements chimiques aux approches biologiques et biotechniques. Informez-vous sur les meilleures pratiques pour surveiller et contrôler les populations de varroas dans vos ruches. La lutte intégrée est souvent la solution la plus durable et efficace. Suivez ces liens

Une nouvelle approche pour lutter contre Varroa destructor

Depuis plusieurs décennies, Varroa destructor constitue une menace majeure pour l'abeille domestique (Apis mellifera). Vous le savez, ce parasite affaiblit les colonies en se nourrissant de leur hémolymphe et en transmettant divers virus. Face à des méthodes de lutte qui cherchent à s’améliorer et aux problèmes de résistance que rencontre les méthodes conventionnelles, une étude récente ouvre une nouvelle voie : l'utilisation de champignons entomopathogènes.

Une solution biologique prometteuse

Publiée en 2018 dans Acarologia, publication scientifique consacrée à l'acarologie, cette étude innovante se concentre sur l'analyse des effets du champignon entomopathogène Metarhizium anisopliae var. anisopliae BIPESCO 5, une souche particulièrement prometteuse. Dans le cadre d'expériences contrôlées en laboratoire, les chercheurs ont minutieusement étudié l'impact de la présence de spores fongiques sur la surface corporelle des abeilles et comment cette présence influence significativement le comportement de sélection d'hôte chez Varroa destructor, un aspect crucial pour comprendre la dynamique parasite-hôte.

Les résultats sont prometteurs. Les tests comportementaux ont démontré que les acariens évitaient systématiquement les abeilles porteuses de spores fongiques, préférant nettement se fixer sur les abeilles non traitées. Cet effet répulsif significatif marque une avancée importante dans le biocontrôle du parasite.

 

Qu’est-ce qu’un champignon entomopathogène ?

Les champignons entomopathogènes sont des micro-organismes qui infectent et tuent les insectes et autres arthropodes. Ils agissent en pénétrant la cuticule de leur hôte, proliférant à l’intérieur de son corps et libérant des toxines. Parmi les espèces les plus utilisées en biocontrôle, on retrouve Metarhizium anisopliae et Beauveria bassiana. Ces champignons présentent plusieurs avantages :

Spécificité élevée :

Ils ciblent principalement les organismes nuisibles sans affecter les autres espèces.

Respect de l’environnement :

Contrairement aux pesticides chimiques, ils ne laissent pas de résidus toxiques.

Résistance réduite :

Les parasites développent moins fréquemment des résistances face aux champignons. Ces propriétés en font des candidats idéaux pour la gestion durable des parasites dans l’agriculture et l’apiculture.

 

 

Doryphore de la pomme de terre (Leptinotarsa decemlineata) tué par Beauveria bassiana, un champignon qui cause la muscardine blanche et sert d'insecticide biologique contre les ravageurs.

Améliorations grâce à l'évolution dirigée

Une étude complémentaire, publiée en 2021 dans Scientific Reports, présente une version améliorée du champignon Metarhizium brunneum. La nouvelle souche JH1078, développée par évolution dirigée, survit ainsi aux températures élevées des ruches (35 °C). Elle démontre une meilleure germination et croissance, rivalisant avec l'efficacité des traitements chimiques traditionnels comme l'acide oxalique, sans effets négatifs sur les colonies.

Identification d'ennemis naturels supplémentaires

Bien que ces résultats supplémentaires renforcent le potentiel du biocontrôle fongique, leur efficacité varie selon les conditions environnementales et les souches utilisées. Des recherches complémentaires permettront d'identifier les souches optimales et leurs méthodes d'application. Il faut donc patienter.

 

Perspectives d'avenir et conclusion

Malgré ces avancées prometteuses, l'évaluation de ces champignons en conditions réelles reste nécessaire. Des interrogations persistent notamment sur leurs interactions avec les colonies d'abeilles et leurs effets sur la santé globale des ruches et sur les effets éventuels sur les produits de la ruche.

Le biocontrôle fongique, notamment par Metarhizium anisopliae et la souche JH1078 de Metarhizium brunneum, représente une approche prometteuse contre Varroa destructor, bien que son efficacité reste à confirmer à grande échelle. Cette alternative aux méthodes conventionnelles pourrait potentiellement transformer la lutte antiparasitaire en apiculture, sous réserve d'une validation des protocoles d'application.

La découverte d'agents supplémentaires comme Beauveria bassiana enrichit l'arsenal disponible, mais souligne également la nécessité de développer des stratégie adaptées et validées.

Nous restons en veille, l’avenir nous dira si ces voies sont véritablement sérieuses et que la recherche continue !

En résumé

  • Varroa destructor représente une menace majeure pour l'abeille domestique, affaiblissant les colonies et transmettant des virus.
  • Les champignons entomopathogènes, notamment Metarhizium anisopliae et Metarhizium brunneum, montrent un potentiel prometteur comme agents de biocontrôle.
  • La souche JH1078 de M. brunneum, développée par évolution dirigée, survit aux températures des ruches et rivalise avec les traitements chimiques.
  • Ces solutions biologiques offrent des avantages significatifs : spécificité élevée, respect de l'environnement et risque réduit de résistance.
  • Bien que prometteurs, ces traitements nécessitent encore une validation à grande échelle et une évaluation approfondie de leurs effets sur la santé globale des ruches.

Ressources

  • Fernández-Ferrari, María Celeste ; Angeli, Sergio and Schausberger, Peter. 2018 - Volume: 58 Issue: 2 pages: 287-295 ; Effects of Metarhizium anisopliae on host choice of the bee-parasitic mite Varroa destructor, Reinbacher. https://doi.org/10.24349/acarologia/20184241

  • Han, J.O., Naeger, N.L., Hopkins, B.K. et al. Directed evolution of Metarhizium fungus improves its biocontrol efficacy against Varroa mites in honey bee colonies. Sci Rep 11, 10582 (2021).
    https://doi.org/10.1038/s41598-021-89811-2

  • Posada-Flórez, F., Sonenshine, D., Evans, J., Boncristiani, D., Pava-Ripoll, M., & Cook, S. (2024). Natural enemies of Varroa destructor identified from Eastern North American honey bee colonies: a biological survey of candidates for mite control from Maryland, USABiocontrol Science and Technology35(1), 52–70.
    https://doi.org/10.1080/09583157.2024.2430469

 

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