LES ACTUS DU MONDE APICOLE
Chaque dimanche (ou presque), nous vous invitons à découvrir dans votre boîte aux lettres un récapitulatif complet des brèves de la semaine. Ces informations concises et pertinentes, publiées quotidiennement dans la rubrique “Notes” de l’actu des Apiculteurs 🐝, vous permettent de rester informé des dernières actualités et développements dans le monde de l'apiculture.
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En ce début d’année 2026, L’actu des Apiculteurs 🐝 vous adresse ses meilleurs vœux. Que cette année soit placée sous le signe de colonies en bonne santé, de saisons apicoles plus prévisibles et de décisions techniques éclairées par des informations fiables.
L’apiculture reste soumise à de fortes tensions environnementales, économiques et réglementaires. L’ambition de l’actu des Apiculteurs 🐝 demeure inchangée : vous proposer une veille la plus rigoureuse possible, des contenus documentés et des outils utiles pour mieux comprendre, anticiper et pratiquer. En 2026, la plateforme continuera d’évoluer : enrichissement des bases de données, indexation de nouvelles sources de presse apicole, et mise en perspective scientifique et technique constante. Merci pour votre confiance et votre fidélité.
Les actus du 1er février 2026
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Liste de liens des archives des actus des Apiculteurs par thème. pour accéder à chaque contenu cliquez sur le titre du post.
LE COIN DES DEBUTANTS
- Apicultures, apiculteurs : un loisir, un métier et une filière.
- Réglementation pour installer des ruches.
- Choisir un emplacement pour ses ruches.
- Préparer sa ruche.
- Matériel essentiel pour l'apiculteur débutant.
- Matériels complémentaire pour l'apiculteur débutant.
- Mes premières abeilles.
- La ruche fait l’apiculteur.
- Cycle de vie d’une colonie d’abeilles domestiques.
- L’apiculture en été.
- L’apiculture en automne.
- Biologie des abeilles.
- Classification de l’abeille européenne.
- Enfumer, enfumoir et pas que.
- Division et multiplication des essaims d'abeilles.
- Technique de récolte du miel
- Evolutions climatiques et adaptation des pratiques.
- Les autres produits de la ruche.
- Certification et vente des produits de la ruche.
- Extraction et mise en pots du miel.
- Soins à apporter aux abeilles tout au long de l'année.
- Les ruches de biodiversité.
- Apiculture et technologies émergentes.
- Les abeilles et l’environnement.
- Les abeilles et l’environnement (2).
- Gestion des maladies et des parasites des abeilles. Enjeux et menaces.
- Gestion des maladies et des parasites des abeilles. Stratégies de prévention et de gestion.
-
Gestion des maladies et des parasites des abeilles. Défis et perspectives
APICULTURE PRATIQUE
- L'économie illusoire en apiculture
- Varroa : L'intelligence artificielle entre en scène
- Le retrait de couvain de mâles.
- Conditions pour produire du miel BIO.
- La danse des abeilles : entre instinct et apprentissage social.
- Les sources d'eau pour les abeilles.
- Stress thermique des ruches.
- Les secrets de la composition du miel.
- L'Apiculture du futur.
- Thermorégulation de la ruche.
- À quoi servent les faux-bourdons dans une ruche ?
- Ruches et rongeurs.
- Cadres mobiles dans la ruche.
- Former les apiculteurs de demain.
- Que valent vraiment les substituts de pollen ?
- Prévenir l’essaimage avec la méthode Demaree.
- Stress hivernal des colonies faibles.
- Gérer une colonie d'abeilles agressives.
- La bondrée apivore, une espèce prédatrice alliée des apiculteurs.
- Pluie et miellée, un fragile équilibre.
- La conduite d'une ruche sans cadres mobiles.
- Secouer ou ne pas secouer.
- Vers un traitement ciblé du varroa.
- Comprendre et améliorer la productivité des ruches.
- Comment laver le voile de protection.
- Analyser son miel.
- Drones IA versus Pollinisateurs naturels.
- Compromis entre diversités et rendements.
- Anticiper pour produire.
- Tropilaelaps mercedesae, se préparer.
- Insignia-EU.
- L’humidité du miel, un paramètre clé.
- Améliorer les abeilles sans les trahir.
- Un piège intelligent pour le petit coléoptère des ruches.
- Gérer et manipuler les reines.
- Surveillance non invasive des abeilles.
TECHNIQUE APICOLE
- Plasti6, l’innovation apicole.
- Comparatif des grilles à reine.
- Encagement de la reine.
- Inox et miel : un duo sans risque.
- Les planchers grillagés.
- Beewise une star-up pour "sauver" les abeilles.
- Robor Nature contre le frelon asiatique.
- Lutte prometteuse contre les fausses teignes ?
- BeePerf, numériser vos ruches.
VIVANTS
- Colza en fleurs : anticipez la miellée
- Une nouvelle approche pour lutter contre le Varroas Destructeur
- Un vaccin contre le DWV-B
- Apis mellifera sauvage.
- L'importance du pollen en début de saison apicole.
- Le frelon à pattes jaunes, bouc émissaire ?
- Vers une meilleure compréhension génétique de la résistance des abeilles au varroa.
- Pollinisation : quand oiseaux et mammifères jouent les butineurs.
- Les grands principes de la sélection en apiculture.
- Invasion du frelon asiatique.
- Effets des substituts de pollen sur l’équilibre microbiologique intestinal des abeilles.
- Substitut de pollen en apiculture.
- La phénologie apicole.
- Déforestation et pollinisateurs.
- Le paradoxe d'une résistance au Varroa.
- Probiotiques et abeilles.
- Abeilles mellifères en liberté.
- Gènes sous contrôle.
- Xylocopa violacea, l'abeille charpentière.
- Vespa orientalis, le troisième.
- Edward Osborne Wilson : pionnier de la biodiversité.
- Quand l’abeille domestique concurrence les abeilles sauvages.
- Quand Varroa et virus font vaciller les abeilles américaines.
- Climat déréglé, nectar menacé.
- Quatre marqueurs génétiques pour relier nutrition et défensivité chez l’abeille.
- Aethina tumida : une menace grandissante.
- Apis florea en Europe.
- Des abeilles sous les arbres
- Les cultures sont-elles suffisamment pollinisées ?
- Forêt naturelle ou champ cultivé pour les abeilles.
- Développer la pollinisation, bonne idée ?
- Les abeilles sous IA
- Rôle des abeilles domestiques dans la pollinisation.
- Sous les fleurs, le danger persiste.
- Lavande en fleurs, miel en or.
- Qu'est-ce que la sélection massale.
MAGAZINE
- Bee platoon mobilisé pour protéger les abeilles face aux incendie de Californie.
- L’apiculture en Irlande.
- Nourrir sans dérégler.
- Vers une agriculture sans pesticides en Europe.
- Loi frelon, les comités départementaux arrivent ?
- Pollinis, SCoPAFF, cnDAspe… et abeilles.
- Le projet BeeGuards.
- Apidologie : l'INRAE et le DIB veillent sur les Apoïdes.
- Mercosur et miel.
- Seconde édition du Congrès International d'Apiculture et d'Apithérapie.
- Néonicotinoïdes : entre injonctions paradoxales et réalités du terrain.
- Abeilles, gardiennes de notre avenir.
- Apiculture en slovénie.
REGLEMENTATION
Notes du Dimanche 18 janvier 2026
Les sujets d'actualités
🗓️ 10 janvier
🐝 Apimondia a récemment confirmé que son 50ᵉ Congrès international apicole se tiendra en 2027 à Dubaï (Émirats arabes unis), un choix de lieu inédit pour l’événement. Au-delà de l’annonce officielle, l’organisation de ce congrès anniversaire dans une métropole au climat désertique invite à réfléchir sur les enjeux apicoles mais aussi symboliques d’une apiculture mondiale tournée vers des contextes environnementaux extrêmes.
📌 https://www.lactudesapiculteurs.fr/apimondia-2027/
🗓️ 14 janvier
🐝 Aux États-Unis, une proposition de loi bipartisane intitulée Trade Cheating Restitution Act of 2025 a été déposée au Sénat par John Thune et Tina Smith, avec plusieurs co-signataires. Le texte vise à soutenir les producteurs de miel américains, mais aussi d’autres filières agricoles, victimes de pratiques commerciales déloyales, en particulier liées aux importations chinoises. Concrètement, la loi prévoit la redistribution aux producteurs des intérêts générés depuis 2000 par les droits antidumping et compensateurs perçus par les douanes américaines.
📌 https://www.lactudesapiculteurs.fr/notes/dumping-miel-projet-loi-etats-unis/
🐝 Le président de l’European Beekeeping Association, Boštjan Noč, alerte sur les conséquences potentielles de l’accord Mercosur, qui autoriserait l’entrée annuelle de jusqu’à 45 000 tonnes de miel dans l’Union européenne sans droits de douane. Ce volume représenterait près de 10 % de la consommation européenne, dans un contexte où l’UE importe déjà environ 160 000 tonnes de miel par an. Les apiculteurs dénoncent une concurrence jugée déloyale, fondée sur des écarts importants de normes sanitaires, de traçabilité et de coûts de production. L’argument est renforcé par les données de la Commission européenne estimant qu’environ la moitié du miel présent sur le marché européen serait frauduleux. Les représentants de la filière réclament, a minima, un contrôle renforcé de l’authenticité et des résidus (substances chimiques indésirables) avant l’entrée du miel importé sur le territoire européen, en rappelant que si le miel peut être importé, la pollinisation, elle, ne l’est pas…
📌 https://www.lactudesapiculteurs.fr/notes/accord-mercosur-importations-miel/
16 Janvier.
Nourrir sans dérégler
La nutrition des colonies n’est plus un sujet réservé aux périodes de disette ou aux ruchers “en difficulté”. Avec des printemps irréguliers, des étés secs, des miellées plus courtes et des itinéraires de pollinisation toujours plus tendus, l’alimentation de complément - on parle de nourrissement - est devenue un outil de pilotage courant.
Le petit guide Honey Bee Nutrition: A Review and Guide to Supplemental Feeding (Honey Bee Health Coalition, 2024) synthétise et remet de l’ordre dans les pratiques de nourrissement, sans vendre de recette universelle. Il rappelle une règle simple : un apport réussi ne se juge pas à la quantité distribuée, mais à la cohérence entre les besoins du couvain, l’état des réserves et la dynamique réelle de la colonie. Dans les lignes qui suivent, nous proposons une synthèse structurée de ce document, devenu une référence largement diffusée dans la communauté apicole en attendant d’en tirer des sujets à creuser.
Publié en 2024, Honey Bee Nutrition: A Review and Guide to Supplemental Feeding est un guide de la Honey Bee Health Coalition, un collectif nord-américain réunissant apiculteurs, chercheurs, acteurs agricoles et structures techniques autour de la santé des pollinisateurs. Conçu dans un contexte où les disettes se multiplient et où la conduite des colonies devient plus dépendante des aléas climatiques, le document propose un cadre clair pour raisonner l’alimentation de complément sans la réduire à une simple question de sirop ou de “pâte protéinée”.
Il s’appuie sur la littérature scientifique et des retours de terrain pour remettre en perspective l’équilibre des apports (protéines, lipides, micronutriments, glucides), les risques associés à certaines pratiques et la nécessité d’ajuster les décisions à la dynamique réelle de la colonie et aux conditions locales. Diffusé largement dans les réseaux apicoles, le guide est généralement bien accueilli pour sa lecture pragmatique et sa capacité à structurer un sujet souvent traité de façon dispersée, tout en laissant une place assumée à l’adaptation régionale.
La colonie n’a pas “un” besoin, elle en a plusieurs, selon l’âge et la saison
Le guide insiste sur un point souvent sous-estimé : la colonie fonctionne comme un superorganisme. Les besoins ne sont pas identiques entre larves, nourrices, butineuses, reine et mâles. Chez l’ouvrière, l’alimentation change même avec l’âge. Une jeune abeille consomme davantage de protéines pour produire de la gelée larvaire ; une butineuse, elle, bascule vers un régime dominé par les glucides pour soutenir l’effort de vol.
Cette vision évite un piège classique : nourrir “pour nourrir”, en oubliant que la demande alimentaire n’a rien de constant. Un apport protéiné en fin d’hiver peut accélérer la montée en couvain, mais il peut aussi exposer la colonie à une impasse si la météo bloque les sorties et si l’environnement mellifère ne suit pas. Le nourrissement devient alors un accélérateur de stress, pas un soutien.
Protéines : la teneur ne suffit pas, la qualité compte
Dans le langage courant, un bon aliment protéiné est “riche”. Le guide est plus précis. Il rappelle que l’efficacité d’un apport dépend de la présence des dix acides aminés essentiels et de leurs proportions, décrites historiquement par DeGroot (1953) et reprises dans le document. Une pâte affichée à 20 % de protéines peut rester décevante si le profil en acides aminés est déséquilibré : l’acide aminé limitant bloque l’utilisation du reste.
Le guide donne aussi un ordre de grandeur physiologique parlant : une colonie de 50 000 abeilles récolte environ 142 kg de pollen par an et une jeune nourrice peut consommer 65 mg de protéines sur une dizaine de jours. Ces repères rappellent que le couvain n’est pas une variable abstraite : il se construit sur des flux massifs de matière, et une disette protéique se traduit vite par une réduction de ponte, puis par du cannibalisme larvaire lorsque la colonie n’arrive plus à suivre.
Lipides et micronutriments, l’angle mort des substituts
Les substituts modernes ne se résument plus à “soja + sucre”, mais le guide souligne un retard persistant : beaucoup de formulations restent limitées en micronutriments. Or le pollen ne fournit pas seulement des protéines ; il apporte aussi des lipides, des vitamines, des minéraux, des sels et des composés végétaux.
Les auteurs insistent sur le rôle des phytostérols, et citent un stérol particulièrement attendu dans l’alimentation de l’abeille : le 24-méthylènecholestérol, dont la présence dans le régime est associée à de meilleures performances biologiques. Ils mentionnent même une cible technique pour les formulations : environ 0,5 % du poids sec du régime en 24-méthylènecholestérol. Dans les faits, peu d’apiculteurs disposent de cette information au moment d’acheter une pâte. Le marché vend des pourcentages de protéines ; la colonie, elle, a besoin d’un ensemble cohérent.
Que valent vraiment les substituts de pollen ?
De plus en plus d'apiculteurs se tournent vers des substituts de pollen pour soutenir leurs colonies. Mais tous les substituts se valent-ils ? Une étude récente menée par Bogaert et al. et publiée le 16 avril dans Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences1 jette une lumière inédite sur la composition idéale d'un régime alimentaire capable de compenser l'absence de pollen — et souligne notamment l'importance capitale d'un stérol méconnu : l'isofucostérol2.
Une réponse à un enjeu croissant : la dénutrition estivale
Les abeilles domestiques tirent l’essentiel de leurs nutriments du nectar et du pollen. Or, sous l’effet combiné de l’agriculture intensive, du changement climatique et de la perte de diversité florale, leur alimentation naturelle devient souvent insuffisante, voire déficiente, en été. Cette dénutrition saisonnière, largement sous-estimée, fragilise la santé des colonies, réduit leur production de couvain et compromet leur efficacité en pollinisation.
C’est dans ce contexte que les chercheurs ont conçu un régime artificiel sans pollen mais nutritionnellement complet, baptisé Diet A. Composé de six stérols3 majeurs (dont le 24-méthylènecholestérol et l’isofucostérol), ce régime a été testé à la fois en conditions contrôlées pendant 108 jours — soit l’équivalent de neuf cycles de couvain — et en contexte réel de transhumance pour la pollinisation de myrtilliers et de tournesols. Ces environnements sont réputés pour leur faible valeur nutritive, ce qui a permis de mesurer l’efficacité du régime en situation de stress alimentaire marqué. Les résultats obtenus permettent de mieux cerner les besoins réels des abeilles et d’identifier les limites des régimes commerciaux actuellement disponibles.
Une étude prometteuse, mais à considérer avec discernement
L’étude menée par Bogaert et al. (2025), sur laquelle repose cet synthèse, a été réalisée en partie par des chercheurs directement impliqués dans le développement du régime alimentaire testé. Thierry Bogaert, auteur principal, est également directeur et actionnaire de la société APIX Biosciences NV (Belgique) - https://apixbiosciences.com/ - qui commercialisera potentiellement ce substitut de pollen. Cette situation a été déclarée en toute transparence dans la publication scientifique.
Ce lien d’intérêt ne remet pas en cause la solidité des résultats, obtenus selon un protocole rigoureux et publiés dans une revue scientifique à comité de lecture (Proceedings of the Royal Society B). Néanmoins, il invite à faire preuve d’un esprit critique et à attendre des confirmations indépendantes de ces conclusions avant d’en tirer des applications systématiques en apiculture.
Malgré cet enjeu de transparence, l’étude constitue une avancée notable dans la compréhension des besoins nutritionnels des abeilles et ouvre des perspectives intéressantes pour le développement de compléments alimentaires adaptés.
Isofucostérol : un stérol essentiel à la santé des colonies
L’un des objectifs majeurs de l’étude était de déterminer si certains stérols parmi les six présents dans le pollen étaient véritablement indispensables. Deux versions appauvries du régime Diet A ont été testées : l’une sans isofucostérol (Diet B), l’autre sans 24-méthylènecholestérol (Diet C). Les colonies nourries avec Diet A ont maintenu une production stable de couvain pendant toute la durée de l’étude. En revanche, celles recevant Diet B ont rapidement montré une chute de la production de couvain dès le 36e jour, n’en produisant plus que 36 % par rapport au groupe témoin. Pire encore, les abeilles présentaient des troubles neurologiques : léthargie, tremblements et incoordination.
Ces effets délétères indiquent clairement que l’isofucostérol joue un rôle fondamental, non seulement dans la production du couvain, mais également dans le fonctionnement neuromusculaire des abeilles adultes. Il s’agit, selon les auteurs, d’un nutriment essentiel, au sens biologique du terme : il ne peut pas être remplacé efficacement par d’autres stérols.
Un rôle secondaire mais réel pour le 24 méthylènecholestérol
De manière surprenante, la suppression du 24-méthylènecholestérol dans Diet C n’a pas eu de conséquences aussi marquées. Bien que sa concentration dans les tissus des abeilles ait chuté de façon drastique (14 fois moins que dans le régime complet), la production de couvain est restée relativement stable, sans différence statistiquement significative au terme de l’expérience.
Cela ne signifie pas pour autant que ce stérol est inutile. Des signes de ralentissement comportemental ont été observés, et les colonies privées de 24MC ont montré un léger déclin de leur activité au fil du temps. Le rôle de ce stérol semble donc moins critique à court terme, mais peut impacter la vitalité générale de la colonie à moyen terme.
Recette Diet A
L’étude ne fournit pas une recette complète du régime Diet A, mais elle en décrit la composition en stérols et précise que le reste de la formulation reste confidentiel, car il appartient à la société APIX Biosciences NV.
Ce que l’on sait du régime Diet A
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Il contient les six principaux stérols identifiés dans le pollen et les tissus des abeilles :
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24-méthylènecholestérol
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isofucostérol
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campestérol
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stigmasterol
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bêta-sitostérol
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cholestérol
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Les concentrations de ces stérols sont ajustées pour imiter celles retrouvées dans un pollen de bonne qualité, avec des ratios comparables à ceux observés dans les colonies saines en nature.
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Le taux de conversion alimentaire (quantité de nourriture nécessaire pour produire un opercule de couvain) est proche de celui du pollen naturel : environ 196 mg par cellule operculée, contre 180 mg pour le pollen.
Ce qui est confidentiel
❌ « The full non-sterol composition of the diets is confidential information of APIX Biosciences NV and is not disclosed; however, requests for the diet for research purposes will be considered. » 🇫🇷 La composition non stérol du régime est une information confidentielle d’APIX Biosciences NV et n’est pas divulguée ; des demandes à des fins de recherche peuvent être envisagées.
Cela signifie que les proportions de protéines, glucides, lipides, vitamines, minéraux et autres additifs ne sont pas accessibles publiquement dans l’article.
Limites des régimes protéiques commerciaux
L’étude a également évalué un substitut protéique couramment utilisé dans le commerce (le nom exact de ces substituts n’est pas révélé dans la publication). Après seulement 36 jours, les colonies nourries avec ce produit ont vu leur production de couvain s’effondrer, atteignant à peine 21 % de celle des colonies alimentées avec Diet A. À la fin de l’expérience, ces colonies étaient presque vidées de leurs abeilles et n’avaient plus de couvain du tout. Le constat est sans appel : les substituts de pollen actuellement disponibles sur le marché sont insuffisants pour soutenir durablement une colonie en période de stress nutritionnel.
Une application directe pour l’apiculture de transhumance
Les tests menés dans des conditions réelles — incluant des transhumances successives et des périodes de stockage (terrain dégagé, sans ressource florale significative) — ont confirmé les bénéfices du régime Diet A. En fin de saison, les colonies ayant reçu cette alimentation affichaient une taille moyenne de 10,2 cadres d’abeilles, contre 5,6 pour celles nourries au substitut commercial et 4,4 pour celles n’ayant reçu aucun complément. De surcroît, elles affichaient un taux de mortalité réduit de moitié par rapport aux groupes témoins.
Ces résultats tendent à démontrer l’intérêt d’un complément alimentaire bien formulé non seulement pour compenser le manque de pollen, mais aussi pour améliorer la résilience des colonies dans un contexte de pollinisation intensive. Il en ressort que le moment d’utilisation de ces régimes — y compris en pleine saison — pourrait être repensé par les apiculteurs professionnels.
Vers une nutrition de précision pour les abeilles
L’étude de Bogaert et al. souligne l’importance d’une approche fondée sur la compréhension fine des besoins physiologiques des abeilles. L’enrichissement en stérols spécifiques, en particulier l’isofucostérol, apparaît comme une voie prometteuse pour concevoir des régimes de substitution véritablement efficaces.
Pour les apiculteurs débutants, cela signifie qu’il ne suffit pas d’acheter un substitut de pollen quelconque. Il convient de s’informer sur sa composition, de connaître les limites des produits commerciaux et, si possible, d’opter pour des régimes dont l’efficacité a été scientifiquement validée. Cette vigilance nutritionnelle constitue un levier essentiel pour préserver la santé des colonies, garantir une production continue de couvain et renforcer la capacité des abeilles à faire face aux multiples stress de leur environnement.
Cette étude vient d'être publiée et complète la série sur les substituts de pollen parue ces dernières semaines dans L'actu des Apiculteurs 🐝. Bien entendu, nous restons à l'écoute d'autres études et d'autres points de vue scientifiques.
Référence
T. Bogaert et al., “A nutritionally complete pollen-replacing diet protects honeybee colonies during stressful commercial pollination—requirement for isofucosterol,” Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences, vol. 292, no. 2045, Apr. 2025. https://doi.org/10.1098/rspb.2024.3078
Il s’agit d’une revue scientifique à comité de lecture, publiée par la Royal Society (Royaume-Uni), spécialisée dans la biologie fondamentale et appliquée.
L'isofucostérol est un stérol (lipide) essentiel présent dans le pollen, qui joue un rôle fondamental dans la production du couvain et le fonctionnement neuromusculaire des abeilles adultes. Son absence dans l'alimentation entraîne des troubles neurologiques et une chute drastique de la production de couvain.
Un stérol est un type de lipide (graisse) essentiel présent naturellement dans le pollen des fleurs, jouant un rôle fondamental dans le développement et le fonctionnement physiologique des abeilles. Les stérols sont des nutriments critiques que les abeilles ne peuvent pas synthétiser elles-mêmes et doivent obtenir via leur alimentation.
Sirop, inverti, HFCS : la chimie du nourrissement rattrape le rucher
Sur la partie glucides, le guide distingue clairement nectar, miel et sirop. Le nectar et le miel ne sont pas de simples solutions sucrées : ils contiennent aussi des micronutriments absents du saccharose dissous. Le sirop reste pourtant un outil incontournable en cas de disette, pour bâtir, relancer ou sécuriser des réserves.
Le point technique le plus concret concerne l’HMF (hydroxyméthylfurfural), sous-produit qui se forme lorsque des solutions sucrées riches en fructose sont chauffées ou stockées trop chaud. Le guide fixe un seuil de toxicité : au-delà de 30 ppm (parties par million), l’HMF devient problématique pour les abeilles. Il donne aussi des conditions de formation de se sous-produit : du miel stocké à 30 °C pendant 250 jours, chauffé à 50 °C pendant 10 jours ou à 70 °C pendant 10 heures peut atteindre ce niveau. Ces valeurs parlent à tous ceux qui transportent des sirops en cuve noire, qui laissent des bidons au soleil ou qui réchauffent “pour fluidifier”.
Le guide aborde également le HFCS 55 (sirop de maïs riche en fructose principalement utilisé aux USA) utilisé en nourrissement dans certaines filières. Il rappelle que le fructose favorise la formation d’HMF et cite des travaux indiquant des colonies nourries au HFCS avec une immunité plus faible et une sensibilité accrue à d’autres stress. Le prix au litre ne résume donc pas le coût réel d’un nourrissement.
Le matériel de nourrissement influence la conduite autant que la recette
Le guide décrit plusieurs dispositifs courants : nourrisseurs couvre-cadres, nourrisseurs cadres, sacs plastiques, nourrisseurs d’entrée, puis candi en période froide. Le choix n’est pas seulement une question de préférence. Il conditionne le risque de pillage, la facilité de contrôle, la fréquence des visites et la capacité des colonies faibles à accéder au nourrissement.
Un point mérite d’être retenu pour la pratique : le guide rappelle qu’un sirop laissé trop longtemps en nourrisseur peut moisir ou fermenter, et qu’un sirop altéré ne doit pas être donné. L’hygiène du matériel et le renouvellement font partie du nourrissement, au même titre que le ratio sucre/eau.
Pâtes protéinées sont à bien doser, sinon on nourrit les ravageurs
Le guide insiste sur un détail de terrain : la taille des patties. Une colonie en expansion rapide, sur un secteur pauvre en pollen, ne tirera pas grand-chose d’une petite portion distribuée “pour voir”. À l’inverse, une grosse pâte laissée plusieurs jours peut devenir un support à moisissures ou un aimant à nuisibles.
Le document illustre clairement le risque avec le petit coléoptère de la ruche (présent aux Etats-Unis ; en Italie pour l’Europe et à craindre pour la France d’ici quelques années) : des œufs peuvent être pondus dans des patties non consommées, ce qui transforme un nourrissement en incubateur à parasites. Dans certaines régions, fractionner et renouveler vaut mieux que charger d’un coup.
Aethina tumida : une menace grandissante
L'apiculture européenne est confrontée à de nombreux défis, l'un d'entre eux est l’arrivée du petit coléoptère de la ruche, Aethina tumida. Originaire d'Afrique subsaharienne, ce parasite a été signalé pour la première fois en dehors de son territoire en Amérique du Nord dans les années 1990, causant d'importants dégâts dans les colonies d'abeilles aux États-Unis, puis au Canada et s’est répandu à travers le monde, en Océanie, en Asie.
De quoi parlons-nous
Dans son environnement d'origine, le petit coléoptère de la ruche coexiste depuis longtemps avec les abeilles africaines. Contrairement aux abeilles européennes, les abeilles africaines ont développé des mécanismes de défense efficaces contre ce parasite. Elles sont connues pour être plus agressives et promptes à réagir face à la présence du coléoptère, en le chassant ou en le confinant dans des zones de la ruche où il ne peut pas causer de dégâts importants.
Le cycle de vie d'Aethina tumida est particulièrement adapté à cet environnement tropical. Les adultes pondent leurs œufs dans la ruche, et une fois éclos, les larves se nourrissent de miel, de pollen et de cire. Une fois le stade larvaire terminé, elles quittent la ruche pour s'enfouir dans le sol et se nymphoser, un processus facilité par les sols chauds et sableux de l'Afrique subsaharienne. Les adultes émergent ensuite du sol et réintègrent les ruches pour se reproduire, bouclant ainsi leur cycle de vie.
En Afrique, la coévolution entre Aethina tumida et les abeilles a permis de maintenir un équilibre naturel, limitant l'impact du coléoptère sur les colonies. Cependant, ce n'est pas le cas lorsqu'il est introduit dans d'autres régions où les abeilles locales n'ont pas les mêmes stratégies de défense et où les conditions environnementales peuvent également faciliter la prolifération du coléoptère.
Présence en Europe : la France sous vigilance
Aethina tumida a fait son apparition en Europe, avec des signalements en Italie en 2014, notamment dans la région de la Calabre, où l'insecte s'est propagé de manière sporadique. Ces premières incursions ont déclenché une vigilance accrue dans toute l'Union européenne. En France, bien que le petit coléoptère n'ait pas encore été détecté sur le territoire métropolitain, les autorités apicoles et les apiculteurs redoublent de vigilance pour prévenir toute invasion. Des inspections régulières et des protocoles stricts de surveillance des importations sont en place pour minimiser les risques d'introduction. En juillet 2022, un foyer a été confirmé dans un rucher à La Réunion (hors Europe, mais département Français).
Comprendre la menace : pourquoi Aethina tumida est dangereux
Malgré sa taille relativement petite, ce coléoptère constitue une menace significative pour la santé et la viabilité des colonies d'abeilles occidentales (en particulier) qui ne savent pas contenir l’intrus. Les larves d'Aethina tumida, caractérisées par leur voracité, consomment le miel, le pollen et la cire, qui sont des ressources essentielles pour la colonie. Cette consommation entraîne des conséquences néfastes : elle prive non seulement les abeilles de leurs réserves nutritionnelles cruciales, mais provoque également la fermentation du miel restant. Ce processus de fermentation compromet la qualité du miel et génère des odeurs désagréables, rendant l'environnement de la ruche inhospitalier pour ses occupantes.
L'infestation par Aethina tumida induit un état de stress persistant et intense au sein de la colonie. Les abeilles, constamment vigilantes face à cette menace, subissent des perturbations comportementales et une diminution de leur immunité. Cette situation de stress prolongé, associée à la détérioration de leur habitat et à l'épuisement de leurs ressources, peut avoir des répercussions graves. Dans les cas les plus sévères, les colonies, affaiblies et déstabilisées, peuvent succomber à l'infestation. Dans certains cas, dans une tentative ultime de survie, elles peuvent opter pour l'abandon total de leur ruche, laissant derrière elles un environnement détérioré et impropre à une future occupation.
Mesures de lutte et de prévention
La lutte contre Aethina tumida repose principalement sur la prévention et la détection précoce. Les mesures incluent :
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Contrôles des importations : Vérification stricte des ruches et des équipements importés.
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Inspections régulières des ruchers par les services vétérinaires.
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Pièges spécifiques (voir encadré 💡) à installer dans les ruches pour capturer les coléoptères adultes.
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Destruction des ruches infestées en cas de détection confirmée, une mesure drastique mais nécessaire pour empêcher la propagation.
En matière de lutte biologique, des recherches sont en cours pour développer des méthodes durables et non chimiques pour réduire la population de coléoptères sans nuire aux abeilles.
Ce piège à Aethina Tumida (PCR) se positionne en hiver à proximité de la grappe entre deux têtes de cadres. Deux pièges sont nécessaires pour une ruche 10 cadres. Les coléoptères sont chassés par les abeilles et cherchent à se protéger en se cachant dans la trappe. Le coléoptère s'y réfugie et meurt noyé. Source Icko : https://www.icko-apiculture.com
Les pièges spécifiques pour capturer Aethina tumida sont des dispositifs conçus pour réduire la population de coléoptères adultes dans les ruches et aider à contrôler leur prolifération. Ces pièges exploitent le comportement naturel du coléoptère, qui cherche à se cacher dans des espaces sombres et étroits. Voici un aperçu des types de pièges et de leur fonctionnement :
Pièges à huile
Ce type de piège est souvent inséré entre les cadres de la ruche ou placé au fond de la ruche. Il est constitué de petites boîtes ou de plateaux remplis d'huile (comme de l'huile minérale) qui attirent les coléoptères. Lorsqu'ils tentent de s'y cacher, ils tombent dans l'huile et se noient. Ces pièges sont efficaces car l'huile empêche les coléoptères de s'échapper une fois piégés.
Pièges en plastique perforé
Ces dispositifs, faits de plastique, comportent de petites ouvertures qui permettent aux coléoptères de pénétrer mais pas de sortir. L'intérieur est conçu pour être attrayant, souvent sombre et étroit, reproduisant un environnement sûr pour eux. Une fois entrés, les coléoptères restent piégés.
Pièges intégrés au fond de la ruche (fond de ruche piège)
Ces pièges se placent directement sous la ruche, dans la partie inférieure, et permettent de capturer les coléoptères adultes lorsqu'ils tentent de se déplacer vers le bas de la ruche pour s'abriter ou pondre. Certains modèles de fond de ruche piège combinent des grilles qui laissent passer les coléoptères mais pas les abeilles, avec un bac contenant un liquide de capture, comme de l'huile ou une solution savonneuse.
Pièges à appâts
Certains pièges peuvent être équipés d'appâts spécifiques qui attirent Aethina tumida. Ces appâts sont souvent fabriqués à partir de produits sucrés ou fermentés qui imitent l'odeur du miel fermenté, un attrait naturel pour le coléoptère.
Pièges à bases adhésives
Les pièges adhésifs fonctionnent en attirant les coléoptères qui finissent par s'y coller. Ils sont placés stratégiquement à l'intérieur de la ruche, souvent dans les coins ou les interstices où le coléoptère aime se cacher.
Face à la menace potentielle qu'Aethina tumida représente pour l'apiculture, la France et d'autres pays européens restent en alerte. Le défi consiste non seulement à éviter l'implantation de cet envahisseur, mais aussi à renforcer la résilience des colonies d'abeilles déjà sous pression des autres parasites, comme le varroa. L'engagement des apiculteurs, des chercheurs et des autorités est essentiel pour préserver la santé de nos ruches et la biodiversité qui en dépend
Webinaire des Rencontres Sanitaires apicoles 2024 du 2 mai 2024 en collaboration avec région Occitanie.
- Retour d'expérience réunionnaise : de sa détection à sa gestion actuelle
- Témoignage sur sa gestion au quotidien dans une exploitation australienne
Résumé
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Aethina tumida, le petit coléoptère de la ruche, est une menace croissante pour l'apiculture européenne.
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Originaire d'Afrique subsaharienne, ce parasite s'est propagé dans le monde, causant des dégâts importants aux colonies d'abeilles.
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Présent en Italie depuis 2014 et à La Réunion depuis 2022, le coléoptère n'a pas encore été détecté en France métropolitaine.
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Les larves d'Aethina tumida consomment les ressources de la ruche, provoquant stress et affaiblissement des colonies.
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La prévention et la détection précoce sont essentielles, incluant des contrôles stricts et des inspections régulières.
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Des pièges spécifiques et des mesures de lutte biologique sont en développement pour contrôler la population de coléoptères.
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La vigilance et la collaboration entre apiculteurs, chercheurs et autorités sont cruciales pour protéger les abeilles et la biodiversité.
Références
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Dépliant du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire sur Aethina tumida. https://agriculture.gouv.fr/telecharger/90342
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Image en-tête : This image is Image Number 5025046 at Insect Images, a source for entomological images operated by The Bugwood Network at the University of Georgia and the USDA Forest Service.
Probiotiques : des pistes sérieuses, un marché encore en avance sur les preuves
Le guide consacre une section aux probiotiques et prébiotiques, avec une prudence bienvenue. Le microbiote intestinal de l’abeille est relativement simple, structuré autour de cinq groupes majeurs (Gilliamella apicola, LactobacillusFirm-5, Lactobacillus Firm-4, Snodgrassella alvi, Bifidobacterium asteroides). Certaines études en laboratoire montrent des effets intéressants sur des agents pathogènes ou sur la dynamique de colonie, avec un résultat dépendant du mode d’administration (spray ou patties).
Le problème vient du décalage entre science et commerce : beaucoup de produits disponibles contiennent des souches peu adaptées aux abeilles, parfois issues d’autres filières animales. Le guide mentionne aussi des résultats prometteurs sur Nosema ceranae pour certains produits testés, mais il souligne que l’installation durable de ces bactéries dans l’intestin reste incertaine. Le message est clair : on peut suivre ces innovations, mais on ne les traite pas comme une assurance.
Probiotiques et abeilles
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Une stratégie saisonnière cohérente, plutôt qu’un nourrissement automatique
Le guide propose une lecture saisonnière utile, qui colle à la conduite des ruchers.
Au démarrage de colonies sur cire neuve, il recommande de sécuriser d’abord les glucides pour permettre la construction des rayons. Au printemps, protéines et sirop peuvent soutenir la relance, tant que la ressource arrive derrière et que l’apiculteur coupe à temps avant la miellée pour éviter l’adultération. À la fin d’été et au début d’automne, l’enjeu bascule vers la préparation des abeilles d’hiver, avec un apport protéiné possible si les réserves de pain d’abeille sont insuffisantes. En hiver, le guide déconseille le nourrissement protéiné et privilégie des solutions adaptées au froid, en rappelant que les abeilles ont besoin d’eau pour consommer du sucre sec et que les colonies faibles gèrent mal ce type de ressource.
Ce que le guide admet franchement : l’appétence n’est pas un indicateur de performance
Le passage le plus technique du document se trouve dans la section sur les lacunes de connaissance. Le guide distingue trois notions trop souvent confondues au rucher : l’appétence, la digestibilité et l’assimilation. Une pâte peut être très consommée parce qu’elle est attractive, sans pour autant améliorer le couvain ou la longévité, faute d’assimilation correcte ou de micronutriments suffisants. Cette nuance explique bien des déceptions, y compris avec des produits réputés.
Le guide s’appuie aussi sur une synthèse de Noordyke & Ellis (2021) : les effets des aliments commerciaux sur la force de colonie, le couvain ou la production sont souvent neutres ou variables selon les essais. Les résultats ne condamnent pas le nourrissement ; ils obligent à le traiter comme une mesure de gestion, pas comme un substitut au paysage.
Nutrition et stress est l’effet cumulatif que l’on voit trop tard
Le guide rappelle enfin que la nutrition influence la résistance aux autres pressions. Les colonies sous-alimentées hivernent moins bien, développent davantage de charges pathogènes et produisent moins de couvain. Il mentionne aussi des effets combinés entre pesticides et déficit nutritionnel, avec des impacts documentés sur la longévité, l’orientation et l’apprentissage. Dans un contexte où les fenêtres de butinage se resserrent, cette interaction pèse lourd : une colonie “juste correcte” sur le plan alimentaire encaisse mal un épisode météo défavorable ou un stress chimique.
Ce guide tient en une ligne directrice claire : nourrir, oui, mais sans bousculer le rythme biologique de la colonie. Un bon nourrissement n’est pas celui qui vide un seau en quelques jours. C’est celui qui comble les déficits au bon moment, limite les effets secondaires et préserve la place du seul aliment que les abeilles transforment sans compromis : la ressource florale.
Référence
Honey Bee Health Coalition. (2024). Honey Bee Nutrition: A Review and Guide to Supplemental Feeding. First Edition, Honey Bee Health Coalition, January 1 2024. Disponible en ligne :
https://honeybeehealthcoalition.org/wp-content/uploads/2024/01/HBHC-Honey-Bee-Nutrition-Guide-Supplementary-Feeding-Guide-2024.pdf
01 janvier 2026
Indexation des articles de L’Abeille de France dans La Presse de l’Apiculture n° 1140
dans la base de données La Presse de l’Apiculture. elle facilite les recherches thématiques, historiques ou pratiques par titre, auteur, mots-clés.
Lien pour accéder à l'indexation du magazine l'Abeille de France: Indexation
Une nouvelle boutique en ligne de matériel apicole vient de voir le jour.
QualiRuche a rompu les amarres avec Naturapi pour prendre son envol et servir ses clients régionaux (région de Libourne en Aquitaine). Le site peut bien entendu livrer toute la France. Nous souhaitons le meilleur à Stephan et Pierre - pour leur boutique, en ligne comme en magasin.
29 décembre
🐝 Contrairement à une idée largement répandue, toutes les abeilles ne meurent pas après avoir piqué. Ce phénomène concerne essentiellement l’abeille mellifère, dont le dard barbelé reste accroché à la peau des vertébrés, entraînant la mort de l’ouvrière. Or, cette situation est loin d’être générale : parmi les près de 20 000 espèces d’abeilles connues, la majorité possède un dard lisse, peut piquer sans mourir, ou ne pique pas du tout.
L’article de The Conversation (à lire) rappelle ainsi que ce “sacrifice” est une stratégie défensive propre aux abeilles sociales du genre Apis, et non une règle universelle chez les abeilles.
Ce résumé est basé sur un article publié dans The Conversation,
s’appuyant sur des travaux scientifiques récents consacrés aux interactions entre l’état sanitaire de la reine et le comportement des ouvrières chez l’abeille domestique. L’article original, intitulé “Worker honey bees can sense infections in their queen, leading to revolt”, analyse comment des infections virales modifient la signalisation chimique de la reine et déclenchent des réponses collectives pouvant aller jusqu’à son remplacement.
La cire devient un risque sanitaire pour les abeilles
Comprendre l’ampleur de la contamination des cires et ses effets mesurés sur la santé des colonies selon le rapport d’expertise collective de l’Anses en novembre 2025.
Le rapport de l’Anses - Contamination et adultération des cires d’abeilles : risque pour la santé des abeilles - publié en novembre 2025 dresse un panorama complet de la cire d’abeille, de ses usages et des risques liés à sa contamination. Ce document rappelle que la cire, produite par les ouvrières et utilisée pour construire les rayons destinés au couvain et aux produits de la ruche, occupe une place stratégique dans la vie de la colonie. Sa composition à dominante lipidique favorise l’absorption et le stockage de nombreuses substances chimiques.
Les cadres de corps, conservés plusieurs années, deviennent ainsi des matrices mémoires où s’accumulent les traces de traitements vétérinaires, de produits phytopharmaceutiques et d’autres contaminants rencontrés au fil des saisons. Cette capacité à fixer durablement des résidus transforme progressivement la cire en vecteur d’exposition pour le couvain et les abeilles adultes.
Découvrez le rapport de l' ANSES sur la contamination des cires d'abeilles : risque pour la santé des abeilles
Rapport de Novembre 2025
L’ANSES en bref
L’ANSES est l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. Cet organisme public indépendant évalue les risques qui concernent la santé humaine, animale et végétale. Il produit des expertises scientifiques utilisées par les pouvoirs publics pour orienter les décisions réglementaires. Dans le domaine apicole, l’ANSES analyse l’impact des contaminants, étudie les maladies et coordonne plusieurs laboratoires de référence dédiés à la santé des abeilles. https://www.anses.fr/fr
Le rapport insiste sur un point structurel : la France importe plus de trois cents tonnes tonnes de cire par an (destiné à l’apiculture) pour une production nationale de quatre cents tonnes. L’absence de normes précises pour la cire destinée à l’usage apicole crée un vide réglementaire. Aucun seuil de résidus n’encadre la qualité des intrants introduits dans les ruches. La traçabilité repose sur les certificats sanitaires des lots importés… sans contrôle analytique obligatoire à l’arrivée. Dans ce contexte, les mélanges de provenances variées compliquent l’identification des dangers et limitent la capacité d’action des apiculteurs.
L’Anses s’appuie sur trois jeux de données : les autocontrôles anonymisés de cinq ciriers, l’étude Cimeqa menée entre 2021 et 2023 auprès d’apiculteurs professionnels, et l’étude ITSAP/Anses ciblant les cires utilisées par les apiculteurs de loisir. L’ensemble forme un socle solide permettant de caractériser la qualité des cires circulant en France.
Toutes les analyses convergent vers un constat fort : la contamination est quasi systématique. Les autocontrôles des ciriers recensent entre zéro et trente-quatre substances par échantillon, avec une médiane de dix. L’étude Cimeqa indique que 95,7 % des échantillons sont contaminés. Dans l’étude ITSAP/Anses, la proportion atteint 100 %. Les substances les plus fréquentes sont le tau-fluvalinate, le coumaphos et le propargite, auxquels s’ajoutent des pyréthrinoïdes, des organochlorés et parfois le thymol, présent dans plus de huit échantillons sur dix lorsque recherché.
La présence de molécules pourtant interdites ou non utilisées depuis des années, comme le DDT ou certains isomères du HCH, illustre la persistance de ces composés lipophiles. L’étude ITSAP/Anses montre également que les cires issues du commerce présentent un niveau de contamination plus élevé que celles provenant d’apiculteurs professionnels en autorenouvellement. Le rapport souligne enfin que les cires strictement françaises sont moins chargées que les cires d’origine mixte ou extracommunautaire, même si l’impossibilité de distinguer les flux importés des flux internes limite l’analyse statistique.
Des voies d’exposition multiples pour la colonie
Selon le rapport, les abeilles sont exposées aux résidus présents dans la cire par contact direct, par ingestion lors du malaxage ou par transfert vers les aliments stockés. La migration des molécules depuis la cire vers le miel, le pain d’abeilles ou le couvain est documentée par plusieurs études analysées par l’Anses. La lipophilie, la solubilité ou encore la stabilité chimique déterminent la capacité d’une substance à passer d’une matrice à l’autre.
Le document rappelle aussi que le pipéronyl butoxide, détecté dans plus des trois quarts des échantillons de l’étude ITSAP/Anses, agit comme synergisant de nombreux pyréthrinoïdes, amplifiant ainsi la toxicité globale du mélange. Pour l’heure, l’évaluation repose sur des modèles additifs qui ne prennent pas en compte les interactions complexes entre les molécules, faute de données suffisantes.
Des effets documentés sur le couvain et la colonie
Le rapport s’appuie sur un corpus bibliographique attestant d’effets mesurables de certains contaminants aux doses retrouvées dans la cire. Une étude repérée dans les travaux analysés signale une corrélation entre la présence de chlorfenvinphos dans la cire et une mortalité hivernale plus élevée. D’autres recherches indiquent que des teneurs d’environ 30 mg/kg de coumaphos réduisent les taux d’éclosion et provoquent des anomalies de développement larvaire. Des travaux plus récents montrent que des substances comme la chlorpyriphos-éthyl ou l’acrinathrine modifient l’expression de gènes liés à l’immunité et à la détoxication.
Le rapport mentionne également un effet indirect important : la présence continue d’acaricides dans la cire exerce une pression de sélection sur Varroa destructor, favorisant l’apparition de populations moins sensibles aux traitements. Ce mécanisme explique en partie la baisse progressive d’efficacité observée pour certaines matières actives.
Une évaluation du risque qui interpelle les pratiques apicoles
L’outil Bee Tox Wax, présenté dans le rapport et développé par l’Université de Liège, permet de calculer un quotient de risque (QR) fondé sur les concentrations mesurées et les DL50 connues. Les analyses montrent que les lots d’origine extraterritoriale ou mélangeant plusieurs provenances présentent les scores les plus élevés. Aucune cire issue de mélanges UE/hors UE n’affiche un QR inférieur au seuil de 250, considéré comme compatible avec un usage apicole. Les cires provenant d’apiculteurs en autorenouvellement obtiennent des valeurs nettement plus favorables, confirmant l’intérêt d’un circuit fermé basé sur des opercules non exposés aux traitements acaricides.
Pour l’Anses, ces résultats renforcent l’importance des pratiques recommandées dans le Guide de bonnes pratiques apicoles : renouvellement régulier des cadres du corps, recyclage des seuls opercules, fonte séparée des cires selon leur usage antérieur et identification systématique des lots. Le Plan d’actions Cire, initié en 2018 mais non encore publié, vise à structurer la filière autour de ces exigences, notamment en matière de traçabilité et de contrôle.
L’analyse fournie par l’Anses démontre que la cire n’est pas un simple matériau de construction mais un vecteur déterminant dans l’exposition chronique des colonies aux résidus chimiques. S’appuyer sur cette connaissance, réorganiser ses pratiques de recyclage et sécuriser l’approvisionnement constituent désormais des conditions indispensables pour maintenir des colonies en bonne santé dans un environnement où les résidus persistants restent omniprésents.
Article rédigé exclusivement à partir du rapport de l’Anses « Contamination et adultération des cires d’abeilles : risques pour la santé des abeilles » (novembre 2025), seule source utilisée. https://www.anses.fr/system/files/SABA2022-AUTO-0050-RA.pdf
Références
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Contamination et adultération des cires d’abeilles : risque pour la santé des abeilles - Avis de l’Anses - Rapport d’expertise collective - Novembre 2025 : https://www.anses.fr/system/files/SABA2022-AUTO-0050-RA.pdf
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Guide de bonnes pratiques apicoles, ITSAP : https://bonnes-pratiques.itsap.asso.fr/wp-content/uploads/2018/09/ITSAP-GBPA-MAJ_2018-Intro-Web.pdf
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Etude Cimeqa menée entre 2021 et 2023; ADA, ITSAP : https://www.adaoccitanie.org/cimeqa/
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Etude ITSAP/Anses, Dossier spécial cire 2024 : https://itsap.asso.fr/articles/dossier-special-projet-cimeqa
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BeeToxWax : un outil d’évaluation de la toxicité des cires :
https://www.beetools.uliege.be/beetoxwax/
Stress hivernal des colonies faibles
Les apiculteurs connaissent bien cette “scène” qui se répète lorsque l’hiver s’installe. Une ruche paraît légère, la grappe audible mais réduite, la colonie est manifestement à la limite. Le geste d’urgence semble s’imposer, souvent mû par l’espoir de sauver un essaim qui a déjà traversé plusieurs mois d’instabilité.
Les situations de ce type exigent pourtant une analyse posée plutôt qu’une succession d’interventions improvisées. L’expérience acquise sur le terrain montre qu’une ruche faible en hiver ne répond pas de la même manière qu’une colonie bien constituée, et qu’un excès de sollicitude peut accentuer ses difficultés.
Comprendre la faiblesse d’une colonie avant le froid
Lorsqu’une colonie entre dans la saison froide avec une population trop limitée, la question des réserves passe au second plan. La grappe hivernale dépend de la densité d’abeilles capables de produire et de retenir la chaleur issue de la thermogenèse thoracique. Une grappe trop restreinte perd cette capacité, ce qui conduit la colonie à se figer et à perdre l’accès au miel situé à courte distance. Ce scénario est courant après un essaimage tardif, un remérage imparfait ou une chute de ponte en fin d’été. Il se renforce lorsque les abeilles d’hiver n’ont pas été produites en nombre suffisant pour compenser les pertes naturelles.
L’observation régulière de la surface du couvain d’automne, de la vigueur de la reine et du volume d’abeilles permet d’anticiper ces faiblesses. Une colonie qui n’occupe plus qu’un noyau réduit sur quelques cadres dès octobre aura beaucoup de mal à constituer une grappe stable en décembre.
Intervenir sans dérégler l’équilibre thermique
En hiver, chaque manipulation modifie l’équilibre fragile de la grappe. Une ouverture trop longue, même par temps calme, disperse la chaleur accumulée pendant des heures. Cette perte n’est jamais compensée, même avec l’ajout immédiat d’un pain de candi ou d’un cadre de miel. L’intervention utile reste donc minimale et brève. Le placement du candi au plus près de la grappe peut prolonger la capacité de survie de la colonie pendant un épisode froid, mais ne modifie pas la dynamique interne qui a conduit à la faiblesse initiale.
Les redoux hivernaux incitent souvent à examiner le contenu de la ruche. Cette action doit être maîtrisée. Une vérification visuelle rapide du positionnement de la grappe et du stock restant à proximité suffit largement. Déplacer des cadres ou agrandir l’espace disponible risque au contraire d’aggraver la situation en fragmentant la cohésion thermique.
Reconnaître le moment où l’aide devient illusoire
Certaines colonies atteignent un niveau de faiblesse où aucune intervention ne permet de redresser la situation. Lorsque le nombre d’abeilles passe sous le seuil assurant la thermorégulation minimale, la grappe ne peut plus monter dans les réserves ni protéger un éventuel couvain tardif. Les apports énergétiques ne font alors que prolonger la présence d’un groupe résiduel sans permettre une véritable reprise au printemps.
Accepter ce constat évite de disperser son énergie au détriment de ruches plus prometteuses. La gestion hivernale gagne en efficacité lorsque les apiculteurs identifient tôt les colonies condamnées et concentrent leurs efforts sur les unités capables d’assurer leur propre dynamique.
Adapter sa stratégie annuelle pour limiter les situations critiques
Les difficultés hivernales sont souvent la conséquence d’un déficit de préparation en fin d’été. Les colonies fortes, bien renouvelées et dotées d’une reine active supportent la froidure sans surveillance particulière. Les colonies fragiles, quant à elles, résultent fréquemment d’un manque de population, d’un traitement contre Varroa tardif, d’une disette automnale également en lien avec la pression du frelon asiatique ou d’un remérage tardif. Une politique d’unification pendant le mois d’octobre réduit fortement l’apparition de situations critiques en hiver. Réunir deux colonies moyennes aboutit souvent à une seule colonie vigoureuse, tandis que conserver deux colonies faibles conduit à deux pertes potentielles.
Cette approche vaut pour les ruchers familiaux autant que pour les structures professionnelles. L’évaluation du volume d’abeilles, de la réserve disponible et de la cohérence du couvain tardif constitue la base d’un hivernage maîtrisé.
Le regard de l’apiculteur face aux pertes hivernales
La perte d’une colonie en hiver suscite une réaction émotionnelle forte. Les apiculteurs débutants y voient souvent un échec, alors que les plus expérimentés l’interprètent comme un indicateur de ce qui devra être ajusté l’année suivante. Adopter une posture mesurée et humble permet d’agir avec discernement, sans surinterpréter chaque perte mais sans banaliser les défaillances répétées. L’hivernage reste un test exigeant qui renvoie à la qualité du travail réalisé de juillet à octobre.
Ce rapport à la perte aide à distinguer les interventions pertinentes des actions motivées par une inquiétude compréhensible mais improductive. La lucidité, dans ces moments-là, conforte la cohérence du rucher pour la saison suivante.
Réorienter la saison à venir à partir de ces observations
L’état d’une colonie début mars influence l’ensemble de la dynamique printanière : capacité de renouvellement, développement des butineuses, production de mâles, réussite des divisions. Les ruches affaiblies dès la sortie de l’hiver cumulent les retards et entraînent une perte de rendement plusieurs mois plus tard. Intégrer les enseignements des éventuelles difficultés hivernales permet de renforcer la méthode de travail. L’apiculteur qui accepte de laisser partir une colonie trop faible gagne du temps pour consolider les autres, organiser ses cadres de réserves, préparer ses élevages et ajuster la conduite de son rucher.
Cette approche replace l’hivernage dans une stratégie annuelle cohérente. Elle encourage une pratique où l’action n’est ni impulsive ni systématique, mais issue d’un raisonnement fondé sur la biologie des abeilles et sur l’observation précise du rucher. La qualité de la saison suivante se construit souvent dans ce silence hivernal où la grappe maintient, tant bien que mal, l’équilibre thermique de la colonie.
Pour les débutants
Nous vous invitons à lire et relire « L’apiculture en automne » et « L’apiculture en hiver » qui donnent les clés pour des saisons charnières et piégeuses :
L’apiculture en automne : Cliquez sur l'image ci dessous pour accéder au contenu
Philippe Royer·31 janvier 2025
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